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Souriez, vous êtes souverains

  • Rémi 

Comme de nombreux français confrontés à la hausse de leur facture d’énergie, je me suis demandé comment nous avions pu en arriver là alors que notre pays se targuait grâce au nucléaire d’avoir atteint la souveraineté énergétique, tout en disposant d’une énergie bon marché.

J’ai écouté moultes débats, parcouru de nombreux sites, et j’ai trouvé quelques éléments de réponse pouvant expliquer cette dérive :

  • des problèmes techniques et une vision idéologique de l’écologie qui ont sérieusement affecté la capacité de production de notre parc nucléaire 1,
  • un mode de fonctionnement du marché européen SPOT de l’électricité qui pénalise la France quand sa production nucléaire est faible 2.
  • des causes géopolitiques, climatiques et sanitaires 3.
  • l’ouverture à la concurrence du marché de l’électricité qui était censé profiter aux consommateurs ; dans les faits ils trinquent 4 ; qu’ils soient restés chez EDF ou non 5.

En découvrant qu’Emmanuel Macron avait par ailleurs orchestré un business autour d’opérations d’achat-vente des actifs matériels et brevets d’Alstom Energie aux Américains, leur donnant ainsi le contrôle sur les turbines qui produisent le courant en sortie de nos réacteurs, je me suis dit que tout ça était absurde.

D’ailleurs une « conjuration d’esprits chagrins » aurait tôt fait d’y voir le signe d’un néo-libéralisme en roue libre, en train de fossoyer notre souveraineté énergétique. Les complotistes ont beaucoup d’imagination..

Heureusement je faisais fausse route ! Notre chère Ministre de la Transition Énergétique nous a apporté hier l’explication quant à cette hausse des prix, et c’est une explication simple et limpide (comme savent le faire les pédagogues de la Macronie) bien loin des thèses complotistes : si l’énergie est chère c’est tout simplement parce que NOUS avons DEMANDÉ à la payer plus cher !

Vous rappelez-vous avoir exprimé ce souhait ? Moi non plus à vrai dire.. mais peu importe, pour prendre les devants et signer mon engagement sacrificiel, j’ai épinglé le post-it suivant sur mon frigo – et j’irai à la Poste dès demain !

« Envoyer un chèque en blanc au Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire ».

Quand le litre de lait normand passera à 5 euros, je serai fier de savoir que c’est mon choix souverain.

Source pour comprendre la barnum énergétique européen : https://www.touteleurope.eu/economie-et-social/energie-comment-fonctionne-le-marche-europeen-de-l-electricite/

Petites notes

  1. Corrosion des circuits de refroidissement de nombreux réacteurs nucléaires (mise à l’arrêt forcée), et fermeture de la centrale de Fessenheim (pour une réduction à terme de 50% de notre production d’énergie nucléaire au profit du renouvelable).
  2. Le prix de vente de l’électricité aux clients est indexé sur le coût de production de la dernière centrale mobilisée. Cette mobilisation se fait par ordre croissant de coût (taxe carbone comprise) : donc moins la part produite par le nucléaire et les énergies renouvelables suffit à satisfaire la demande, plus le consommateur paiera son électricité au tarif des centrales à gaz qui ont été mobilisées.
  3. Le prix du gaz a été multiplié par 20 avec la guerre en Ukraine, la sécheresse a engendré une chute de la production hydroélectrique, et la crise Covid a réduit les effectifs disponibles pour la maintenance des centrales.
  4. Le mécanisme européen ARENH était censé bénéficier aux consommateurs : EDF vendrait à bas prix un quota bloqué de sa production aux fournisseurs alternatifs, ceux-ci s’engageant en contrepartie à investir dans la production d’énergies « propres » et peu chères. Sauf qu’ils ont majoritairement joué un jeu de « traders » et n’ont pas investi, et qu’ils doivent aujourd’hui s’approvisionner au prix de marché et répercuter le coût sur les factures.
  5. Pire encore : le quota cédé fait défaut à EDF du fait de la baisse de sa capacité nucléaire : il lui faut également racheter au prix fort, ce qu’il a cédé à prix plancher : un coût répercuté au consommateur – et qui affaiblit EDF qui doit respecter des tarifs régulés.
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